L’effondrement du vivant concerne aussi les arbres

Les arbres n’échappent malheureusement pas à l’effondrement du vivant que les scientifiques ne cessent de démontrer depuis plusieurs décennies. Notre planète en abrite plus de soixante mille espèces parmi lesquelles de très nombreuses connaissent aujourd’hui un fort déclin. En 2017, l’association du Botanic Gardens Conservation International (BGCI)[1] dressait pour la première fois un bilan quantitatif des arbres menacés sur la planète. Compte-tenu de l’immensité de la mission d’évaluation qu’elle s’était fixée, seules vingt mille espèces furent réellement évaluées parmi lesquelles neuf mille cinq cents furent qualifiées de menacées au niveau mondial. Pour trois cents d’entre elles, la situation est catastrophique puisque le nombre d’individus survivant dans la nature est aujourd’hui inférieur à cinquante!

Même si le Vieux Continent n’abrite qu’une faible diversité arboricole (454 espèces) comparativement à d’autres régions du Monde[2], le niveau de vulnérabilité de ce patrimoine naturel n’en est pas moins très préoccupant. En septembre dernier, l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN) a publié la liste rouge des arbres menacés d’Europe. Cette évaluation, qui a mobilisé des dizaines d’experts, révèle que trente-sept pour cent des plantes arborescentes (palmiers autochtones inclus) sont menacées dans le territoire de l’Union Européenne. Ce taux atteint quarante pour cent si l’on intègre celles qui sont considérées comme quasi-menacées. Dans le détail, ces menaces affectent davantage les espèces endémiques. Sur 252 espèces concernées, près de soixante pour cent figurent dans la liste rouge européenne. A lui seul, le genre Sorbus (sorbiers et alisiers) qui abrite de nombreux arbres qualifiés de micro-endémiques comprend 124 espèces menacées.

[1]Le BGCI est une organisation internationale non gouvernementale qui fédère un réseau de plus de huit cents jardins botaniques à travers le monde. Ses travaux sont essentiellement axés sur la conservation des plantes via la sensibilisation du public, l’assistance aux jardins botaniques, ainsi que la formation et le renforcement des capacités d’expertises des acteurs impliqués dans les différentes institutions œuvrant pour la préservation du patrimoine végétal.

[2]Le Brésil, la Colombie et l’Indonésie sont les trois pays qui abritent la plus importante diversité arboricole de la planète avec respectivement 8715, 5776 et 5142 espèces connues à la date de publication du rapport en janvier 2017.

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